Le guide du citoyen de l’Alberta

Le mercredi 16 mars 2011 par Asteur-Amérique

Que vous souhaitiez immigrer en Alberta et y vivre, simplement y voyager, faire des affaires ou du tourisme, il est toujours intéressant de connaître les institutions politiques et gouvernementales de l’« Autre belle province ».

L’Alberta a une histoire relativement récente : la province n’a été crée qu’en 1905 en même temps que la Saskatchewan. Avant, elle n’était qu’une des régions des vastes Territoires du Nord-Ouest et son autonomie politique était beaucoup moins grande qu’aujourd’hui [1]. 100 ans après, l’Alberta est donc toujours une province « en construction » qui développe et peaufine tout son système politique depuis ses instruments de pouvoir jusqu’à ses symboles identitaires.

Le guide du citoyen de l’Alberta (pdf), publié en français, permet cette découverte du fonctionnement politique de la province, tout en faisant connaissance aussi, via les comparaisons, avec le système politique des autres provinces du Canada, du Canada lui-même, des états des États-unis et... du Royaume-uni.

Comme le Canada, l’Alberta est une monarchie parlementaire et puise l’essentiel de ses racines politiques dans les batailles entre le roi et le parlement anglais, du 13e siècle environ à nos jours.

Son monarque est celui du Royaume-uni, la Reine Élisabeth II à l’heure actuelle, même si, dans les faits, son pouvoir est symbolique. Elle n’a aucun pouvoir de décisions dans la province. Néanmoins, le Lieutenant-gouverneur représente toujours le monarque à la fois dans les textes, mais aussi et surtout dans la posture. Il représente également le gouvernement fédéral par lequel il est nommé et dont il reçoit sa rémunération et ses directives. Son autorité est hautement morale, honorifique, et ses pouvoirs particuliers, bien que très forts, sont d’un emploi exceptionnel. L’objectif est qu’il n’en fasse jamais usage. Au quotidien, son rôle est de sanctionner les décisions de l’assemblée - ce qu’il peut refuser de faire -, de proclamer les lois et de prononcer le discours du trône au début de chaque session parlementaire.

La réalité du pouvoir dans la province revient à la Législature de l’Alberta, autrement dit le parlement, qui n’est constitué que d’une chambre. Il est dit unicaméral. Contrairement à la majorité des états des États-unis [2], contrairement aux institutions fédérales du Canada, mais de la même manière que toutes les autres provinces du Canada, l’Alberta n’a pas de Sénat, ni aucune autre sorte de chambre haute.

C’est au sein de cette chambre unique et des députés qui la compose qu’est élu le Premier ministre et le Cabinet, soit le gouvernement qui est dit « responsable » parce que son maintien au pouvoir dépend du soutien permanent de la Législature. Dans le cas contraire, il doit démissionner et de nouvelles élections sont organisées. Une procédure qui favorise une très grande discipline au sein des partis au pouvoir, contrairement là encore aux États-unis où les représentants et les sénateurs des états disposent d’une plus grande autonomie vis-à-vis de leur parti. Comme en Angleterre, l’opposition constitue généralement un cabinet fantôme : certains députés de l’opposition se spécialisent par thèmes (éducations, énergies, économie, etc.) et critiquent leurs homologues du cabinet réel.

Le guide du citoyen de l’Alberta détaille toutes ses questions plus d’autres comme, par exemple, les symboles du pouvoirs, la masse et la verge noire, certaines traditions, comme celle de forcer le président de la Législature à s’assoir sur son siège, qui remonte aux usages anglais et aux risques liés à la fonction. On y trouve aussi les procédures électives et celles de diffusion des débats de la Législature au grand public, par le Hansard. Les différents emblèmes de l’Alberta - la rose aciculaire, le tartan, la fétuque des près, le grand duc d’Amérique, etc. - ainsi que les drapeaux et armoiries sont détaillées. Enfin, une brève histoire du bâtiment de la Législature est proposée, sachant qu’il est possible de visiter virtuellement, toujours en français, le bâtiment lui-même sur le sitoile de la Législature.

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>> Le guide du citoyen de l’Alberta (pdf)

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Auteur :

Renart Saint Vorles est un coureur des bois numériques nord-américains.

Notes :

[1De nos jours, seuls les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut sont encore sous le statut juridiques de territoires et donc moins indépendants que les provinces du gouvernement fédéral. Cette situation, cependant, change rapidement

[2Seul le Nebraska n’a pas de chambre haute aux États-unis


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