Vers la grève générale illimitée

Le lundi 6 février 2012 par Marie Christine Trottier

Un contexte favorable

Lors du dépôt du budget du 30 mars 2010, Raymond Bachand, le ministre des finances du Gouvernement du Québec, annonçait une hausse des frais de scolarité qui entrerait en vigueur dès septembre 2012. Déjà, à l’époque, la population étudiante se mobilisait et se préparait au pire, ne connaissant pas la nature exacte de cette hausse. Ce n’est que le 15 mars 2011 que le Gouvernement du Québec a établi que l’augmentation des frais de scolarité serait 1625$ [1], soit de 325$ cumulatifs sur 5 ans. Malgré de nombreuses contestations et tentatives de négociation avec le gouvernement, malgré une hausse actuellement vécue par les étudiantes et étudiants (de 500$, soit de 100$ cumulatif sur 5 ans depuis 2007), le gouvernement ne semble pas montrer d’ouverture particulière face aux demandes étudiantes.

Ainsi, après avoir coupé les ponts avec les organisations étudiantes, le Premier ministre Jean Charest a confirmé ne pas vouloir entrer en négociation. La hausse des frais de scolarité est-elle pour autant inéluctable ? En 2005, les étudiants et étudiantes avaient fait reculer le gouvernement en bâtissant un rapport de force grâce à une grève qui a duré, en moyenne, 6 semaines. Leurs revendications principales tournaient autour de la coupure des 103 millions de dollars en prêts et bourses, ce qui aurait pu grandement affecter le système d’éducation post-secondaire québécois. Face aux divers moyens de pression rendus possibles grâce à la grève, les acteurs politiques québécois ont été contraints de revenir sur leur décision et de négocier avec les organisations étudiantes.

Un ultime recours

Toutes les tentatives de la population étudiante pour montrer son désaccord contre la hausse des frais de scolarité ont échoué. Les pétitions, manifestations, rencontres entre représentants étudiants et le gouvernement, coups d’éclat, communiqués médias, blocages, manifestations monstres : rien n’a su faire changer d’avis le gouvernement du Parti Libéral. La grève est donc le dernier moyen, pacifique et efficace, pour faire reculer le gouvernement.

Dans le contexte actuel, le recours à la grève semble inévitable pour faire plier le gouvernement sur un enjeu central de notre société : en effet, la grève montre que la cause est sérieuse, que la population étudiante est prête à se rendre jusque-là. Même si ce moyen n’est pas sans conséquences (aussi minimes soient-elles), les étudiantes et étudiants semblent accepter les risques devant l’importance de l’enjeu. La grève a un potentiel médiatique important ; elle provoque des débats et mobilise divers acteurs de la société, tout en libérant les étudiants et étudiantes pour mettre en place des actions de contestation à l’image de leurs revendications.

Il faut donc s’attendre à ce que l’hiver québécois soit particulièrement chaud et que la grève étudiante soit aussi importante, sinon plus, que la grande grève de l’hiver 2005. La population étudiante semble prête à tout pour protéger le système d’éducation post-secondaire, et rien ne semble la faire reculer.

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Marie Christine Trottier, étudiante au baccalauréat en histoire à l’Université Laval (Québec). Elle s’intéresse particulièrement aux mouvements sociaux et s’implique très activement au sein de diverses associations et organisations nationales étudiantes depuis 2007. Les médias écrits et la photographie sont au centre de ses intérêts.

[1La devise utilisée dans cet article est le dollar canadien.


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