Ce que le Nouveau-Brunswick peut apprendre des grèves étudiantes québécoises

Le vendredi 23 mars 2012 par La rédaction

Cet article est une traduction de l’article d’Ella Henry pour The Aquinian, le journal étudiant de l’Université Saint Thomas, Fredericton, Nouveau Brunswick. Il dresse à la fois une brève histoire du mouvement étudiant québécois et donne un point vue du Nouveau-Brunswick sur les grèves étudiantes québécoises actuelles.

Le Québec a traditionnellement toujours eu les frais de scolarité les plus bas du Canada et une tradition de luttes estudiantines est pour une large part responsable de cet état de fait.

Maintenant, je sais ce que vous allez me dire : comment les étudiants font-ils pour se mettre en grève ?

Chaque syndicat étudiant tient une assemblée générale pour tous ses membres, appelle à un vote pour la grève, et, s’il passe, les étudiants ne vont plus en cours ; ils arrêtent ainsi le fonctionnement des universités. Au lieu d’aller en classe, ils tiennent des piquets de grèves, manifestent, et font tout ce qu’ils peuvent pour mettre la pression sur leurs universités et sur le gouvernement.

Au Canada, les grèves étudiantes sont peu fréquentes, mais, dans de nombreux pays de part le monde, c’est une tactique assez commune utilisée dans les luttes estudiantines pour une système éducatif accessible.

Peu de temps après la création du système des CEGEP au Québec, les étudiants étaient en grève.

Ils ne militaient alors pas seulement pour une éducation financièrement abordable, mais aussi pour des changements plus large au sein du système d’éducation post-secondaire. La grève étudiante de 1968 obligea le gouvernement à créer le système de l’Université du Québec, et le gel des frais de scolarité perdura jusqu’en 1990.

Depuis lors, les étudiants québécois ont continué à être en grève à chaque fois que l’accessibilité ou le faible coût de l’éducation furent menacé. Le Québec à connut des grèves en 1974, 1978, 1986, 1988, 1990, 1996, et 2005.

Le mouvement le plus récent fut la plus largement suivie de l’histoire du Québec. Au plus fort de la grève de 2005, plus de 230.000 étudiants québécois étaient mobilisés. Quelques-unes des plus grosses manifestations comptèrent près de 100.000 étudiants dans les rues de Montréal.

Dans le budget de l’année passée, en 2011, le gouvernement du Québec annonça son plan : accroitre les frais de scolarité de 75% sur les prochaines années.

Depuis lors, les étudiants du Québec sont entrés en lutte et si l’on regarde l’histoire, ils ont de grandes chances de l’emporter.

En novembre dernier, plus de 200.000 étudiants prirent part à une grève d’un jour et des dizaines de milliers d’étudiants marchèrent dans les rues de Montréal.

Asteur, plus de 130.000 étudiants sont en grève au Québec. La majorité au sein de la grève générale illimitée, ce qui signifie qu’ils ne retourneront en cours que lorsque le gouvernement révisera sa décision. Le nombre des étudiants en grève grandit presque tous les jours.

La grève étudiante fonctionne parce que vous ne pouvez pas enseigner dans une classe vide. À chaque fois que les étudiants ont fait la grève au Québec, le gouvernement et les administrations des universités ont menacé les étudiants de perdre leur semestre. Mais les étudiants n’ont jamais perdu leur semestre à cause de la grève. Au lieu de cela, le gouvernement a souvent céder aux demandes des étudiants et les universités ont modifié leurs programmes pour s’assurer que les étudiants puissent terminer leur semestre.

Pourquoi ? Parce que si 250.000 étudiants redoublent un semestre, c’est autant de place perdue pour accueillir de nouveaux étudiants. Imaginez des centaines de milliers de parents en colère parce qu’il n’y a pas de chambre disponible pour que leurs enfants puissent commencer le collège ou l’université à l’automne.

Les étudiants du reste du Canada pourraient apprendre beaucoup du mouvement des étudiants du Québec.

Les étudiants du Québec, actuellement, force le gouvernement a repenser son plan d’accroissement de 75% des frais de scolarité.

La grève étudiante marche. L’histoire est du côté des étudiants.