Le cauchemar immobilier du cannabis

Le vendredi 11 mai 2012 par Hugues de Chassepierre

Si les débats sur la légalisation du cannabis font rage en Amérique du Nord, pour les propriétaires d’un bien immobilier, les activités interlopes de culture de cannabis, partout aux États-Unis et au Canada, sont une vraie menace à redouter. Les producteurs clandestins, pour plus de discrétion, louent les locaux, que ce soit des maisons, des appartements ou des locaux commerciaux, où ils installent leurs plantations pendant quelques mois pour les abandonner ensuite. La crise immobilière des dernières années a facilité leur démarche ; les prix de vente ou de location des maisons, en Floride et en Californie notamment, ayant énormément baissés.

La culture du cannabis, surtout en quantité importante, demande des conditions particulières : il faut recréer un milieu tropical humide, soit de hautes températures et une forte humidité. Les plants poussent sous des lampes de 1000 watts qui fournissent à la fois lumière et chaleur.

À cause de ce mode de culture, les organisations criminelles qui mènent ce type d’opérations causent d’importants dommages aux biens immobiliers : le bricolage du réseau électrique à la fois pour les installations de production, mais aussi, bien souvent, pour le vol d’électricité – l’alimentation habituelle des habitations est souvent insuffisante - augmente les risques de court-circuit, d’incendie et d’électrocution ; les moisissures et les champignons se développent grâce à l’humidité ; les pollutions de l’air à cause des engrais chimiques utilisés pour accélérer la croissance des plantes peuvent provoquer des empoisonnements, etc.

La discrétion étant la première attitude des cultivateurs clandestins, les voisins ne s’aperçoivent que tardivement des activités de production de cannabis (souvent, seulement, quand la police arrive). Néanmoins, elles attirent les voleurs de récoltes et les organisations criminelles s’en protègent, ce qui peut générer un cercle vicieux de la violence. En Colombie-britannique, il est advenu que certains producteurs, dans l’arrière pays, fasse garder leur précieux plants... par des ours. Plus généralement, la pose de pièges dissuasifs est une pratique courante comme peut l’être la surveillance par des groupes armés. En Californie, les plantations en plein air et sur les terres fédérales sont souvent ainsi gardées et gare à ceux qui s’en approchent, même par inadvertance.

La Police montée du Canada donne toute une série de conseil sur sa page dédiée pour détecter la présence d’une plantation clandestine de cannabis : télévision allumée constamment, odeurs fortes et âcre, installations suspectes comme le percement de murs extérieurs, obstruction des fenêtres par des plastiques noirs, locataires absents ou irrégulièrement présents, allées et venues nocturnes exclusivement, jouets d’enfants sans enfants, ou encore, absence de couverture neigeuse sur les toits des maisons en hiver - au Canada notamment, c’est assez suspect ! La détection des plantations par les services de police se fait souvent à l’aide de caméras infrarouges qui détectent les hautes températures inhabituelles à l’intérieur des maisons.

Pour les loueurs, elle recommande quelques règles de prudence. La première étant de vérifier le plus possible la crédibilité des locataires (références vérifiées, antécédents en matière de crédit, etc.). Le paiement des loyers en liquide peut être un premier signe d’activité illégale. La seconde étant, dans la mesure du possible, de faire preuve d’une certaine assiduité à vouloir inspecter son bien : les modifications, notamment dans le réseau électrique, apportées aux maisons pour la production de cannabis sont souvent visibles et, le cas échéant, les locataires refuseront l’inspection. Comme les récoltes se font tous les deux ou trois mois, la police montée recommande des visites de contrôle toutes les quatre à cinq semaines... accompagnées par la police en cas de moindre doute.

Tout doit être fait, évidemment, dans la mesure du possible, mais il est sûr qu’un propriétaire qui aura été victime d’une opération clandestine de culture de cannabis aura d’importants travaux a réaliser une fois son bien récupéré. Les pages de la ville de Winnipeg montrent le type dégâts provoqués par les plantations interlopes

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Source de l’illustration : Ville de Winnipeg, voir aussi sur Rentfaster.ca

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Hugues de Chassepierre s’intéresse à l’architecture et à l’urbanisme. Il a tout particulièrement un faible pour l’architecture nord-américaine. Un tipi au Montana, une maison dans les prairies ou un Monticello en Virginie, il ne sait pas encore où son rêve immobilier le conduira.

Notes :