L’Amérique en couleurs
Photographies de l’Amérique des petites villes et des campagnes des années 30 à la Seconde guerre mondiale

Le lundi 4 octobre 2010 par Asteur-Amérique

Le Denver Post a publié, cet été, des photographies assez exceptionnelles - car elles sont en couleurs - des campagnes et des petites villes usaniennes à la veille de la Seconde guerre mondiale. Une Amérique qui sort de la grande dépression des années 30 pour entrer dans l’effort de guerre. Visages et paysages de l’Amérique laborieuse des champs, des mines et des usines prennent vie dans les couleurs particulières des pellicules Kodachrome de cette époque. Une technologie récente mise sur le marché par Eastman Kodak Co. en 1935.

Les photographes Jack Delano, John Collier, Marion Post Wolcott, Russell Lee, John Vachon, Arthur Rothstein et autres [1], travaillaient pour la Farm Security Administration puis l’Office of War Information, qui la remplacé à partir de 1942. Crée en 1935, sous le nom de Resettlement Administration, littéralement l’administration des implantations, elle était chargée d’aider les petits fermiers américains par l’attribution de subventions, en créant des coopératives agricoles, ou de façon plus large, par la planification de l’agriculture. Son action s’étendaient aux villes et aux familles urbaines qu’elles réinstallaient dans des communautés agricoles ou rurales.

Cette administration était un pur produit du New Deal de Roosevelt et son service d’information avait pour rôle de montrer l’action du gouvernement dans les campagnes. Beaucoup de ces prises des vues sont clairement posées. Puisqu’il s’agissait d’un travail de propagande les photographies devaient être aussi parfaites que possible. Néanmoins, le travail de documentation photographique de la FSA est devenu célèbre. Les photographes ont su montrer, au delà des polémiques, la souffrance et le désespoir social de cette période. Des clichés comme celui de Florence Owens Thompson, nommé la Mère migrante, de Dorothea Lange sont désormais des symboles de la grande dépression et de ses effets sur l’Amérique des pauvres ; mais en noir et blanc [2], ils donnent souvent l’impression d’appartenir à une époque lointaine, révolue. Les couleurs chaudes et soutenues des clichés publiés par le Denver Post redonne vie et chaleur à ces hommes et ces femmes. On sent la lourde tâche des travaux des champs sous un soleil plombé ou l’odeur de la houille grasse couvrant le visage des cheminots et des travailleurs du rail, la dureté de la vie pour les familles pauvres mais aussi la séduction sérieuse des bals populaires ou la douceur de vivre d’une partie de pêche dans un bayou ou des jeux d’enfants.

Cette présentation de ces soixante-dix photographies est un extrait d’une collection appartenant désormais à Bibliothèque du Congrès. 140 d’entre elles ont fait l’objet d’une publication Bound for Glory : America in Color 1939-43, en 2004, en collaboration avec les éditions Harry N. Abrams, mais il en existe des centaines. L’intégralité de ces archives photographiques en couleur est disponible en ligne sur le site de la Bibliothèque du Congrès. Plus vaste que la simple Amérique des petites villes et des campagnes, les sujets de ces photographies dressent un portrait magnifique et saisissant de toute l’Amérique de cette période. Des monuments, des soldats, des ouvrières, des étudiants en classe de camouflage, mais aussi des photos plus rares comme celles de ces Americano-japonaises, internées dans des camps, pendant la guerre, ou celle aussi de la libération de Paris.

Source de l’illustration : Bibliothèque du Congrès

::::::::: A lire aussi :::::::::
Auteur :

Renart Saint Vorles est un coureur des bois numériques nord-américains.

Blogueville

Victimes de la crise de la pomme de terre, la migration des irlandais en Amérique fut une épopée tragique. Montréal en a gardé une trace, une petite pierre que la ville moderne à presque avalée..

Allen Ginsberg, poète de la contre-culture, voit son long poème controverser mis en film.

Alabama, mon amour a testé, pour vous, La couleur des sentiments de Kathryn Stockett auprès des lecteurs américains.

Tom Otterness est de plus en plus présent dans les rues de New York. Petite découverte avec Dolce Vita.

Les lectures d’American Polyphony : Une odyssée américaine de Jim Harrison.